Projet Curatorial

QUOI DE NEUF LA

Abstraction | Art engagé | Afrique | Monde Arabe | Conscience Civique | Résistance Culturelle | Décolonisation | Défaite | Criminalité | Insaisissable | Art brut | Importance relative | Minimalisme | Nouveauté/Neuf | Présent | Objectif | Recyclage | Responsabilité | Réactivité | Technologie des résistances | Urgence

Comment pouvons-nous faire évoluer l'orientation culturelle existante vers la nouveauté? Cette même culture héritière de l'idéal moderne, qui dans la progression de la pensée, a engendré une consommation vaine. L'ordre postmoderne a recyclé le passé et l’a simplement amélioré pour le mettre au goût du jour. La quête de la nouveauté, avec ses aspirations liées à la découverte et à la vérité, est-elle alors une simple évasion? Pourrions-nous simplement rejeter le Neuf?

Nous sommes pris dans un va et viens temporel qui oscille entre le futur et le passé, sans vraiment tenir compte du présent. Car si le Neuf, est une expression culturelle et matérielle liée à l'avenir, et si l'histoire est ancrée dans le passé, alors comment et quand pouvons-nous souligner le présent? Est-ce qu’alors la force des urgences politiques, les tremblements de terre - ces progressions désertiques, de ruines matérielles, d’os, de bateaux échoués et d’art semblable - , les appels à la responsabilité et à l'écologie peuvent être considérés comme des signes de ce changement d'orientation de temporalité ? Il est aujourd’hui urgent qu’une prise de conscience civique engendre un mouvement d'actions et de réactivité.

Marrakech est à la fois le vrombissement de l'Afrique et du Monde Arabe. La ville ocre apparait comme un site, fait de murs blancs, pour mieux voir l'art du point de vue du plus grand continent. Au sein de la biennale, nous allons examiner la fonction officielle de l’art, comme moyen de résistance culturelle, et comment les idées, allant de l'abstraction, du minimalisme, du recyclage, de l'art brut à la technologie des résistances créatives, sont de plus en plus omniprésentes compte tenu des expériences passées et présentes qui se sont déroulées. La biennale se penche sur l'héritage de la décolonisation, et notamment sur ses échecs comme l'un des points d'ancrage ayant inspiré l'art contemporain dans la manière dont il aborde la criminalité, la critique et le radicalisme. Le projet curatorial se fonde également sur une histoire de longue date de l’unité Pan Afro-Arabe et Afro-Asiatique en envisageant de manière critique les projets socio-politiques, les partenariats culturels, les provocations intellectuelles et les mouvements artistiques à l’origine de nombreuses influences artistiques communes.

Plusieurs sites patrimoniaux publics de Marrakech, comme le Palais El Badi et le Palais Bahia, seront le théâtre d’une variété d'œuvres et d’installations in situ, créées par des artistes internationaux et principalement d'Afrique, du Monde Arabe, et de leurs diasporas. Des performances, des expositions d'archives, des projections cinématographiques, des séminaires, mais aussi des conférences assureront une structure dynamique en prenant en considération et en renforçant leurs différents points communs et relations.

La 6ème édition de la Marrakech Biennale s’articulera autour de l'exposition principale organisée par Reem Fadda et de son adjointe Ilaria Conti. Plusieurs échanges auront lieu avec la collaboration de différents conservateurs, Omar Berrada, Salma Lahlou et Fatima-Zahra Lakrissa. Dans le même temps, des projets partenaires et parallèles sélectionnés seront présentés aux quatre coins de la ville.

Khaled Malas - Windmill
Crédit photo : Yaseen al-Bushy